Break on through

Ils étaient chacun sur leurs bat-flanc. Chacun dans sa cellule. Le mousquetaire fumait. A travers le jour qui communiquait entre les deux pièces, la fumée passait. L’autre avait arrêté. Ce qui lui manquait, surtout, c’était de jouer avec les volutes, aujourd’hui toutes molles parce que la chaleur écrasait tout.
Paradoxalement, sans qu’ils ne se l’avouent, ça allait peut-être mieux. Au moins, ils savaient, maintenant. Ils s’étaient fait rattraper, mais ils savent par qui, ils savent comment.
Restait le souvenir de l’évasion. Ils s’étaient retrouvés par hasard, dehors, sans murs pour repères, l’horizon à atteindre – mais un horizon ne s’atteint pas. Ils avaient fait quelques pas ensemble, pourtant. C’était bien. Le choix binaire qu’ils subissaient depuis si longtemps s’était évanoui, soudain. Ils avaient un infini de possibilités. Ils en avaient profité, un peu. Il y en avait tant.
Non, ça pouvait pas durer longtemps, cette évasion.
Mais ça donnait plein d’idées pour la suite.
« Passe-moi une clope », dit l’autre.
Le mousquetaire glissa une cigarette par le jour.
L’autre ne savait pas encore s’il allait la fumer.
Il avait le choix.