Capitale du bruit

« Un agronome anglais, Arthur Young, homme positif, spécial, venu ici, chose bizarre, pour étudier l’agriculture, dans un tel moment, s’étonne du silence profond qui règne autour de Paris ; nulle voiture, à peine un homme. La terrible agitation qui concentrait tout au-dedans, faisant du dehors un désert… Il entre, le tumulte l’effraie ; il traverse avec étonnement cette capitale du bruit. On le mène au Palais-Royal, au centre de l’incendie, au point brûlant de la fournaise. Dix mille hommes parlaient à la fois ; aux croisées dix mille lumières ; c’était un jour de victoire pour le peuple, on tirait des feux d’artifice, on faisait des feux de joie… Ébloui, étourdi, devant cette mouvante Babel, il s’en retire à la hâte… Cependant, l’émotion si grande, si vive de ce peuple uni dans une pensée, gagne bientôt le voyageur ; il s’associe peu à peu, sans s’avouer son changement, aux espérances de la liberté ; l’Anglais fait des vœux pour la France ! »

In Histoire de la Révolution Française, Michelet, éd. Bouquins, page 128

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