Il était une fois dans le Sinaï

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Seules les chèvres osent encore s’aventurer dans les rues du village de Wadi Feran.

C’est un western où les chevaux sont remplacés par des motos, les troupeaux de vaches par des dromadaires errants, les tours des mairies par les minarets des mosquées, les godets de tord-boyaux par des pipes d’opium, les vestes dos-gris par des djellabas. Les colts et winchester par des kalachnikovs.

Mais les fondamentaux sont les mêmes. Poussière et vent, ballots de paille. Petits villages abrités du soleil. Paysages à couper le souffle. Monastères paumés. Cigarettes. Puits convoités. Clan contre clan. Dans un territoire-frontière, non conquis. Les indigènes contre les visages bruns, symboles de la ville, de l’Etat centralisateur, d’un mouvement irrésistible contre lequel ne peut résister qu’une guérilla.

Mais le vainqueur, on le connaît tous. C’est la « civilisation ». Ses billets, ses échanges, ses droits, ses nouveaux venus, son certain ennui.

Ici, un bandit solitaire et généreux attaque les diligences – pardon, les bus – et kidnappe des occidentaux. Le Sud-Sinaï, déjà évité par les touristes, se déserte. Les fonds de commerce, dans la région, se divisent en deux catégories. Les touristes et la drogue. La tribu des Jabaliyya, lointaine descendante de mercenaires macédoniens mêlés aux Bédouins, vit des premiers. Elle cherche à coincer le bandit solitaire. Mais il est protégé par la tribu des Qararsha, lointaine descendante des Quraishis, la famille du prophète Mohammad. Cette tribu vit du trafic d’opium. L’armée et la police n’interviennent pas. L’armée et la police n’interviennent jamais, sauf pour prendre leurs parts sur les différents business. Ils comptent les coups, cherchent vaguement des solutions ou au contraire, dressent les clans les un contre les autres.

Le bandit ne blesse ni ne tue les touristes. Au contraire, il en prend soin. Il est jeune, beau, sauvage. Et fout une belle merde dans le Sud-Sinaï.

Mais c’est plus qu’un western. Car nous sommes en Egypte, car sans la révolution, rien de tout cela ne se serait passé, car même le Sinaï, terre sacrée, hostile, encore presque vierge, même le Sinaï change.

Quelles sont les vraies raisons pour lesquelles Ali, le bandit solitaire, kidnappe les touristes ? Agit-il vraiment pour la cause bédouine ?

Qui est le Sheikh Ahmed ? Le protecteur des Qararsha ou un baron de la drogue, ou les deux ?

Comment les Jabaliyya tentent-ils de sauver le tourisme, d’attirer les visiteurs et surtout, de contourner le pouvoir des vieux sheikhs corrompus ?

Que peut bien faire un petit journaliste dans cette galère ?

Et enfin, que se passe-t-il dans le monastère de Sainte-Catherine, dont les remparts hiératiques abritent les moines depuis plus de 1 500 ans ?

C’est plus qu’un western. C’est l’Egypte qui, au-delà de la place Tahrir, des Frères musulmans et des généraux cacochymes, frémit de toutes parts, change, vibre, brise et reconstruit. Y compris sur une terre sacrée.

Dans vos kiosques au mois de juin.

3 réflexions au sujet de « Il était une fois dans le Sinaï »

  1. C’est super crispant ce teaser ! Je suis allé plusieurs fois dans le Sud-Sinaï, la dernière fois en novembre dernier. Je n’ai rien vu de tout cela. C’est vrai que faire du trekking dans le désert avec un guide chrétien sympathique ne risque pas de nous faire rencontrer la réalité du trafic de drogue ou d’armes dans la région. Mais je ne l’ai absolument pas ressenti !
    Crispant et frustrant d’avoir à attendre pour en savoir plus ! Mais bon, c’est l’utilité d’un teaser !

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